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Afghanistan: Tirs de roquettes sur l'aéroport de Kaboul, dernières heures avant le retrait US
information fournie par Reuters 30/08/2021 à 09:27

AFGHANISTAN: TIRS DE ROQUETTES SUR L'AÉROPORT DE KABOUL, DERNIÈRES HEURES AVANT LE RETRAIT US

AFGHANISTAN: TIRS DE ROQUETTES SUR L'AÉROPORT DE KABOUL, DERNIÈRES HEURES AVANT LE RETRAIT US

(Reuters) - Les systèmes de défense anti-missiles américains ont intercepté au moins cinq roquettes tirées contre l'aéroport de Kaboul très tôt lundi matin, a annoncé un responsable américain, à la veille de la fin du retrait américain d'Afghanistan, près de vingt ans après le début de leur intervention militaire.

Ce responsable, qui a requis l'anonymat, a précisé à Reuters que les premières remontées ne faisaient état d'aucune victime américaine après ces tirs, même si cela peut changer.

Selon les médias afghans, ces roquettes auraient été tirées depuis un véhicule. L'agence de presse Pajhwok a évoqué plusieurs roquettes ayant frappé différents quartiers de la capitale afghane.

Ces tirs sont intervenus alors que les forces américaines s'activent à évacuer leurs propres ressortissants encore présents sur place ainsi que des Afghans susceptibles d'être la cible des taliban afin de terminer leur retrait d'ici mardi, date butoir convenue entre Washington et le mouvement islamiste.

Les dernières heures de ces opérations d'évacuation se déroulent dans un climat tendu, alors qu'un attentat revendiqué par la branche afghane de l'Etat islamique a fait jeudi des dizaines de morts, dont 13 soldats américains, aux abords de l'aéroport de Kaboul.

Deux responsables américains ont déclaré à Reuters que les évacuations se poursuivraient ce lundi, en donnant la priorité aux personnes considérées comme étant exposées à un risque extrêmement élevé. Ils ont précisé que d'autres pays avaient également soumis des demandes de dernière minute pour inscrire des Afghans dans cette catégorie.

Au total, selon la Maison blanche, les Etats-Unis et leurs alliés ont évacué environ 114.400 personnes - ressortissants, personnels diplomatiques et de l'Otan mais aussi Afghans vulnérables - depuis le 14 août, veille de la chute de Kaboul entre les mains des taliban, mais des dizaines de milliers de personnes désespérés de fuir leur pays resteront sur place à l'issue du retrait des forces étrangères.

PROPOSITION POUR UNE "SAFE ZONE" À L'AÉROPORT

La seule opération française Apagan - qui a pris la forme d'un pont aérien entre Kaboul et Paris, via la base aérienne française 104 d'Al Dhafr (Abou Dhabi, Emirats arabes unis) - a permis d'évacuer 142 Français et 2.630 Afghans, a précisé la ministre des Armées Florence Parly sur Twitter.

Le dernier départ de Kaboul a eu lieu vendredi tandis le dernier vol de ce pont aérien a atterri dimanche à sur la base militaire de Villacoublay (Yvelines), rapatriant en France les personnels de l'ambassade de France à Kaboul - dont l'ambassadeur de France en Afghanistan David Martinon - ainsi que des militaires (forces spéciales) et des policiers.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont affirmé dimanche avoir reçu l'assurance des taliban que tous les ressortissants étrangers et de tous les Afghans disposant d'un document de voyage délivré par un autre pays pourront quitter le pays.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dimanche dans le Journal du Dimanche (JDD) que Paris et Londres comptaient soumettre lundi au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution portant sur la création à Kaboul d'une zone protégée pour les Afghans désireux de quitter leur pays après la prise de pouvoir des taliban.

Cette proposition a été rejetée par Souhail Shaheen, porte-parole des taliban, qui a déclaré à franceinfo qu'une telle zone sécurisée n'avait pas lieu d'être puisque les Afghans pourront voyager librement après le 31 août, s'ils disposent d'un passeport et d'un visa.

Un autre porte-parole du mouvement islamiste, Zabihoullah Moujahid, a annoncé que les taliban annonceraient un gouvernement complet dans les prochains jours et que les difficultés s'estomperaient rapidement une fois que la nouvelle administration serait en place.

La reconstruction d'un pays dont l'économie a été anéantie par des décennies de guerre s'annonce difficile, d'autant plus que l'Afghanistan risque de voir s'assécher brutalement les flux d'aide internationale de milliards de dollars qui maintenaient le pays sous perfusion.

(Reportage bureaux de Reuters, avec la contribution d'Idrees Ali et Rupam Nair, rédigé par Lincoln Feast ; version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)

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